Retour sur les expériences collaboratives du SMI 2019

Retour sur les expériences collaboratives du SMI 2019

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Retour sur les expériences collaboratives du SMI 2019

Publié le:
5 juin 2019
Date de l'événement:
Mercredi, 5 juin, 2019 - 16:30

 

L’expérience de l’innovation

Le 24 mai dernier, le Quartier de l’innovation présentait son 8e Sommet de Montréal sur l’innovation sur le site de la conférence C2 Montréal. L’événement, qui se déroulait sous le thème La recherche de demain, maintenant, a été l’occasion de réfléchir à différents enjeux de la R-D. Et quoi de mieux pour trouver des pistes de solutions que de se mettre dans le bain. En matinée, les participants, qui provenaient de domaines variés (chercheurs, entrepreneurs, investisseurs, etc.), ont donc été invités à se prêter à deux expériences collaboratives où, à travers des jeux de rôle, ils se sont penchés sur des problématiques concrètes de l’innovation : la transmission des connaissances et le financement de la recherche publique.

Décloisonner les savoirs

L’innovation s’appuie généralement sur les connaissances des chercheurs acquises à travers une démarche scientifique bien établie. Mais qu’en est-il de l’expérience vécue sur le terrain que ce soit par une éducatrice en garderie bien au fait des besoins des enfants ou de l’aîné qui vit dans une maison de retraite depuis des années. Comment faire en sorte que ces connaissances soient reconnues et, surtout, servent à faire avancer des projets ? Quelles seraient les conditions à mettre en place pour que chercheurs et utilisateurs travaillent en collaboration ?

C’est à ces questions que les participants de la première expérience collaborative ont tenté de répondre. Pour y arriver, ils ont été regroupés en équipe pour travailler sur un projet de recherche fictif : penser la maison de retraite du futur, les garderies comme première ligne de détection des maladies et l’intégration des œuvres des itinérants artistes pour embellir les milieux de vie. Les uns jouaient le rôle de chercheurs, les autres étaient des utilisateurs. L’objectif : identifier les incitatifs mais aussi les freins au partage des connaissances. Même si l’exercice avait ses limites — en 90 minutes, difficile d’approfondir le sujet — ils ont pu démontrer les avantages de la collaboration.

Pour innover, il importe de décloisonner les savoirs scientifiques pour faire une place aux connaissances issues du vécu, selon Éric Montpetit, professeur titulaire au Département de Science politique de l’Université de Montréal et vice-doyen aux affaires professorales à la Faculté des Arts et des Sciences, qui animait cet atelier. « Les frontières deviennent de plus en plus poreuses entre la connaissance des chercheurs et le savoir porté par les humains. Si les scientifiques s’y intéressent davantage, il reste à trouver des façons de travailler ensemble », dit-il.

Rapprocher universités et entreprises

Dans un deuxième temps, les participants ont abordé un enjeu majeur de l’innovation : la recherche de nouveaux modèles de financement, notamment alors que les collaborations entre la recherche universitaire et les entreprises sont de plus en plus rechercées et diverses. Encore là, il faut briser les silos pour que les liens se renforcent entre ces deux groupes, a expliqué d’entrée de jeu Jesse Vincent-Herscovici, vice-président au développement des affaires chez Mitacs. « Ce sont encore deux solitudes. D’un côté, il y a les chercheurs universitaires qui mènent des projets de longue haleine en fonction d’une méthodologie. De l’autre, les industriels qui ont besoin d’accroître leur productivité en innovant de façon continue sans monopoliser leurs ressources organisationnelles. » Selon lui, le gouvernement doit jouer un rôle dans la chaîne de l’innovation. « L’État doit apporter son soutien dans les partenariats public-privé pour éviter la Vallée de la mort, afin que les idées se transforment en projet industriel », explique Vincent-Herscovici.

Pour l’expérience collaborative qui a suivi, les participants devaient jouer un des trois rôles : chercheur, industriel privé, gouvernement et réfléchir à des façons de valoriser et maximiser les résultats de la recherche publique. Un des enjeux identifiés, c’est la trop longue période pour obtenir du financement comme le déplorent les industriels. Et encore trop peu d’entreprises profitent de l’effet de levier des partenariats publics-privés en recherche. Les statistiques le démontrent bien puisque, parmi les pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), le Canada se classe au 22e rang en ce qui a trait aux dépenses des entreprises destinées à la R-D. Des pays du G7, il arrive au dernier rang.

La recherche de solutions doit donc se poursuivre.

 

Comité organisateur du SMI
De gauche à droite : 

Damien Silès (QI), Thomas Cortina (QI), Maude Arsenault (QI), Martine Rochon (QI), Line Metchum (QI), Véronique Sauriol (FRQ), Brigitte Lespérance (Aligo Innovation), Anne-Marie Larose (Aligo Innovation), Julie Dassylva (Ville de Montréal), Pierre Des Lierres (Aligo Innovation), Vincent Lamontagne (QI), Matthieu Charest (QI).

 

 


Sylvie Lemieux, journaliste.
Sylvie détient une solide expertise en planification et en production de contenu desservant un auditoire surdifférentes plateformes. Capacité à gérer plusieurs projets en parallèle. Motivée par l’innovation et lespossibilités d’amélioration.

 

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